mardi 3 mars 2009

Faire ses courses avec des tickets resto, c'est déjà possible

Certains supermarchés acceptent déjà le paiement par tickets restaurant (ralphbijker/flickr)

Oublié, le jambon-beurre de la pause déjeuner: les tickets resto pourront désormais servir à payer nos fruits et légumes. Cet amendement, étudié hier après-midi à l'Assemblée, a été proposé par Valérie Boyer dans le cadre de la loi “Hôpital, patients, santé et territoire”.
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“Aujourd'hui, on peut acheter un sandwich avec un ticket restaurant, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas acheter une banane à forte qualité nutritionnelle.”
Dans le texte, la mesure a un double avantage: nutritionnel (plus d'excuse, désormais, pour échapper aux précieux cinq fruits et légumes recommandés par le programme national nutrition santé), et économique, puisqu'elle vise à soutenir le commerce de proximité.

L'enjeu est de taille: d'après les derniers chiffres de la Commission nationale des titres restaurant, en 2006, 585 millions de ces chèques ou tickets défiscalisés ont été distribués à plus de 2,7 millions de salariés. Le marché était alors estimé à 4 milliards d'euros.

Une fausse nouvelle idée ?

Parmi les usagers, on s'interroge: on peut en effet déjà acheter de l'alimentation dans les supermarchés et les commerces de proximité avec des titres restaurant. Sur la toile, entre consommateurs, on s'échange des bons plans depuis des années déjà.
Plusieurs forums dressent ainsi la liste des supermarchés acceptant sans restriction les titres restaurant, par département ou par arrondissement parisien. “Fleche”, blogueur, s'offusque de la “nouveauté” très relative de l'idée:
“Cette loi montre combien les parlementaires et ceux qui ont imaginé ce projet de loi sont éloignés du quotidien des Français. Elle montre qu'ils ne sont pas souvent dans les magasins de quartier.

Au cas où nos élus ne seraient pas bien informés, je porte à leur connaissance que c'est déjà ce qui se passe. Bien des magasins acceptent les tickets restaurant pour l'alimentation achetée dans leur boutique.”
Pour Anaïs Guiraud, juriste de l'Union nationale des détaillants de fruits, légumes et primeurs (UNFD), cette mesure constitue au contraire une avancée bien réelle pour les magasins de détail.
(Ecouter le son)

tilidom.com

Officiellement, donc, vous ne pourrez pas payer vos courses avec des tickets resto: les produits concernés doivent être “consommables immédiatement”. Mais dans la pratique, personne n'ira vérifier le contenu de votre panier à la caisse et faire la distinction entre la pomme que vous mangerez au dessert et la botte de poireaux que vous cuisinerez pour le dîner.

“Comme un billet de banque”

Au groupe Chèque Déjeuner (l'un des titres restaurant), on critique l'initiative:
“Ça me paraît tiré par les cheveux. Techniquement, c'est difficile à mettre en place, et au niveau des commerçants ça va devenir ingérable. Si le ticket restaurant devient un mode de paiement alors ce sera comme un billet de banque, et il n'y a plus de raison pour que cela soit défiscalisé”.
La Commission nationale des titres restaurant (CNTR) s'est également prononcée contre cet amendement, rappelle Jean-Michel Reynaud, son président:
“Il ne faut pas tout mélanger: les titres restaurant ont une vocation bien particulière, à savoir la prise en charge des repas pris sur le temps de travail. Ils sont pensés pour pallier l'absence de restaurant d'entreprise, pas pour faire ses courses de la semaine”.
Ceux qui risquent aussi de ne pas être contents, ce sont les quelque 160000 restaurateurs et assimilés (boulangeries, traiteurs...) pour qui les titres restaurant représentent près de 15% du chiffre d'affaires. La mesure laisse augurer une sérieuse perte de clientèle. Au sein du groupe Chèque Déjeuner, on s'inquiète:
“Les restaurateurs ne sont pas tellement au mieux de leur forme... Entre 15 et 20% de leur chiffre d'affaires est généré par les titres restaurant, voire près de 50% pour les établissements qui n'ouvrent que le midi. C'est une manne non négligeable, et ce n'est pas le meilleur moment pour la leur retirer.”

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Droits des homosexuels en Europe : la Suède gay friendly, la Roumanie conservatrice

La nouvelle est tombée hier. Pour la première fois en France, un projet de loi reconnaît l'homoparentalité de façon détournée. Il s'agit du texte portant sur le statut du beau-parent, qui permettrait notamment de partager l'autorité parentale entre le parent biologique et le conjoint. En Europe, six pays autorisent déjà l'adoption par des couples homosexuels. Mais de la Suède ultralibérale à la Roumanie très conservatrice, on est encore très loin de l'homogénéité.

Quelques pays font figure de pionniers. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, l'Espagne, le Danemark et la Norvège sont ceux qui permettent aux couples homosexuels d'adopter. Mais les conditions diffèrent selon les Etats. Cinq d'entre eux autorisent seulement l'adoption des enfants issus du pays. La Suède, en revanche, permet aux couples homosexuels d'adopter des enfants venus de l'étranger. Elle est la seule nation en Europe, et même au monde, à disposer d'une législation aussi souple. (Voir la carte)

Carte d'Europe des droits des homosexuels


L'autorisation du mariage homosexuel est souvent le premier pas vers la légalisation de l'adoption, même si la Suède et le Royaume-Uni permettent l'adoption sans que le mariage soit permis.

L'union civile : une alternative timide au mariage
Les pays moins téméraires ont opté pour “l'union civile”. Derrière ce nom, une sorte de “sous mariage” qui donne toute une série de droits et devoirs aux conjoints en matière de retraite, de logement, d'immigration, etc. Les contrats d'union civile portent de doux noms: “Pacs” en France, “Civil Partnership Bill au Royaume-Uni et “Lebenspartnerschaft” en Allemagne.

Enfin, certains pays prennent les devants pour éviter toute union officielle entre deux personnes de même sexe. C'est notamment le cas de la Roumanie qui, en février 2008, a ajouté un amendement au code de la famille, spécifiant que “la famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme”.

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Faut-il imposer des quotas d'ouvriers dans les fictions françaises ?

Un prêtre dans “Louis Page”, un policier dans “P.J., un médecin dans “L'Hôpital”, un pompier dans “SOS 18”, un journaliste dans “Reporters”, un avocat dans “Avocats et associés” (DR)

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) estime que les ouvriers sont sous-représentés dans les téléfilms ce qui fait réagir les gens du milieu télévisuel. Dans un discours à l'occasion des 20 ans du CSA, son président, Michel Boyon, a déclaré que “les ouvriers représentent 23% de la population active et ils ne sont que 1% dans la fiction”.
“C'est une déclaration stupide. Après, ça va être les chats, les chiens... Ça n'a pas de sens!”, affirme Vincent Solignac, le président de l'Union guilde des scénaristes (UGS), le principal syndicat de la profession, visiblement choqué par les propos de Michel Boyon.
Le scénariste de P.J., Frédéric Krivine, ne partage pas tout à fait cet avis. “Il y a une sous-représentation des ouvriers et des petits métiers par rapport à la réalité, mais je ne ressens aucune pression pour créer un rôle pour un Black, un Beur ou un ouvrier”, fait-il remarquer.

Les chaînes de télé n'imposent pas de quotas sociaux aux créateurs. Mais France 3 a déjà demandé à Frédéric Krivine de réserver un rôle à un Noir pour Un village français, une saga au temps de l'Occupation. “Une représentante de la chaîne avait demandé qu'un soldat du Royal Air Force qui saute en parachute soit un Black. C'était stupide!”, précise le scénariste qui a refusé de plier à la demande.

“Est-ce qu'on va dire à Matisse ou à Picasso comment peindre?”

En fait, aucune réglementation en France n'oblige les scénaristes ou les chaînes de télévision à présenter des émissions montrant des personnes issues de minorité ou des ouvriers. Le président de l'UGS Vincent Solignac défend d'ailleurs la liberté de création des scénaristes. “Est-ce qu'on va dire à Matisse ou à Picasso comment peindre? Ce qui prime avant tout, c'est la liberté de création. On écrit des rôles qui peuvent être joués autant par des gens issus de minorités visibles et de milieux différents comme les ouvriers” explique-t-il.
Pour sa part, Pierre Serisier, auteur d'un blog sur les séries télé (et ancien responsable presse écrite de l'ESJ Lille, ndlr), soutient qu'“on ne peut pas imaginer de créer artificiellement des rôles pour les ouvriers”. Selon lui, la représentation sociale à la télévision française ne peut pas se faire comme aux Etats-Unis.
“95% des Américains viennent d'ailleurs: d'Irlande, d'Angleterre, d'Afrique... On ne peut pas se poser la même question sur les minorités”, poursuit-il. Dans les séries américaines comme Lost et Grey's Anatomy, on retrouve par exemple des Latinos, des Noirs et des Asiatiques, représentant la diversité culturelle du pays.

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“Sarkozi”, invité surprise d'une publicité Microsoft sur les écrans tactiles



Une vidéo promotionnelle de Microsoft. Rien d'exceptionnel jusqu'à la 23e seconde, quand Anita entre en scène. C'est une jeune femme active, au patronyme surprenant: Sarkozi. Ca me dit quelque chose, même si je ne l'aurais pas écrit comme ça.
L'agence IE, qui gère les relations presse de Microsoft en France, explique qu' “Anita Sarkozi existe bel et bien. Elle travaille au sein de la division autrichienne de Microsoft.” Pas d'explication en revanche sur le choix de faire figurer cette salariée au nom... controversé dans une pub de moins de deux minutes.

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Après Joe le Plombier, la droite américaine s'entiche d'un pré-ado

Ringardisée par l'Obamania, la droite américaine prend un coup de jeune grâce à un adolescent de 14 ans. Jonathan Krohn a un site Web, tiré du nom de son livre-projet, Define Conservatism, et il a reçu une standing ovation pour son discours à la Conférence des conservateurs l'action politique (CPAC). (Voir la vidéo en anglais)



Le petit génie, qui ne pourra pas voter avant quelques années, est parfaitement à l'aise dans son costard-cravate taille enfant et sait jouer l'éloquence des hommes politiques: petit mouvement de main pour demander au public d'arrêter d'applaudir, imitation (involontaire) de Mister Bean pour brocarder ceux qui ne comprennent pas que le conservatisme est à la base de l'idéologie républicaine...

Invité pour parler de son livre, Jonathan Krohn décline les quatre principes du conservatisme: Respect de la constitution, respect de la vie, moins de gouvernement et responsabilité personnelle”. Pour lui, le conservatisme n’est pas une idéologie romantique. Son but est de protéger les gens et leurs droits”.

Son assurance au pupitre, Jonathan Krohn l'a acquise au théâtre: il a joué Michael Banks dans la pièce Mary Poppins à Broadway, on l'a vu dans Peter Pan, Le Magicien d'Oz, Tom Sawyer ou Alice au pays des Merveilles.

Le petit génie a séduit jusqu'à Joe le Plombier:
“Il est venu vers moi et m'a serré la main. Si je ne n'avais pas fait attention, j'aurais dit qu'il avait trente ans, tellement il avait confiance en lui. J'ai parlé avec lui et c'était vraiment bien... Il est très très brillant.”

“Brillant”, ambitieux, mordant, tellement à l'aise face à la foule qu'il en est insupportable: Jonathan Krohn nous fait étrangement penser à un homme politique français...


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Pour Lille 3000, la Turquie fait (presque) partie de l'Europe

Ce portrait d'une femme voilée d'un drapeau européen a été réalisé par l'artiste Burak Delier en 2005 (Lille 3000)

La Turquie est-elle européenne? La question est de nouveau posée à l’occasion de l’événement “Europe XXL”, organisé par Lille à partir du 14 mars. Et les frontières sont larges puisque Istanbul est intégrée à la liste des villes à l’honneur. A l’origine du projet, la structure Lille 3000, qui prolonge les manifestations de Lille 2004, lorsque la métropole du Nord était capitale européenne de la culture. Plus de 500 manifestations sont au programme pendant quatre mois.

Une décision culturelle mais surtout symbolique alors que la Turquie cherche à intégrer l’Union européenne depuis plus de quarante ans. Emmanuel Vinchon, conseiller artistique de l’événement, revient sur un choix pas totalement assumé.

Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer seulement Istanbul à l’Europe et non la Turquie dans son ensemble?
Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parler de la Turquie nous aurait demandé plusieurs mois dans la mesure où il s’agit d’un énorme territoire. Par ailleurs, la question de savoir si la Turquie est en Europe ne se pose pas si l’on s’intéresse uniquement à Istanbul. Il s’agit d’une ville cosmopolite qui se trouve à cheval entre l’Europe et l’Asie. Nous ne voulions pas créer des blocages au sein du public, avec des gens qui pourraient se dire que nous parlons de l’Europe avec un pays qui n’en fait pas partie.

C’est donc la peur de la polémique qui vous a fait éluder la question de l’intégration de la Turquie dans l’Europe…
Non, plutôt une crainte que le public se bloque, avec tous les clichés que l’on peut véhiculer sur des pays que l’on méconnaît ou sur lesquels on a des avis un peu trop figés. Notre propos n’est pas d’indiquer ce qu’il faut penser mais d’ouvrir des portes, d’imaginer des balades dans certaines villes qui nous paraissent importantes, avec les regards différents que nous apportent les artistes, comme Hasan Yarimdünia ou encore Burhan Öçäl [Des artistes qu'on retrouve notamment lors de la manifestation Midi-Midi du 3 au 5 juillet ainsi qu’au Palais des Beaux-Arts, ndlr].

Pourquoi avoir adopté une définition si large de l’Europe?
Nous voulions parler de cette Europe apparue depuis la chute du mur de Berlin, mais que nous connaissons finalement peu. Il s’agissait de parler d’une Europe plus géographique que la simple Union européenne. Des pays d’Europe centrale, d’Europe orientale, des pays qui sont dans l’Union européenne, des pays qui n’y sont pas ou d’autres qui aimeraient y être, le tout dans une géographie qui reste un peu à définir.

Quelle est la vision de l’Europe de ces artistes?
C’est une vision à la fois exotique et très commune. Celle d’une Europe qui crée des visas, là où on pensait qu’ils avaient disparu, qui crée des frontières, alors qu’on les croit mobiles ou invisibles, qui crée des frictions là où on pensait que tout le monde n’avait qu’une envie, entrer dans l’Union européenne. C’est ces différents regards que nous voulons juxtaposer.

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