mardi 3 mars 2009

Droits des homosexuels en Europe : la Suède gay friendly, la Roumanie conservatrice

La nouvelle est tombée hier. Pour la première fois en France, un projet de loi reconnaît l'homoparentalité de façon détournée. Il s'agit du texte portant sur le statut du beau-parent, qui permettrait notamment de partager l'autorité parentale entre le parent biologique et le conjoint. En Europe, six pays autorisent déjà l'adoption par des couples homosexuels. Mais de la Suède ultralibérale à la Roumanie très conservatrice, on est encore très loin de l'homogénéité.

Quelques pays font figure de pionniers. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, l'Espagne, le Danemark et la Norvège sont ceux qui permettent aux couples homosexuels d'adopter. Mais les conditions diffèrent selon les Etats. Cinq d'entre eux autorisent seulement l'adoption des enfants issus du pays. La Suède, en revanche, permet aux couples homosexuels d'adopter des enfants venus de l'étranger. Elle est la seule nation en Europe, et même au monde, à disposer d'une législation aussi souple. (Voir la carte)

Carte d'Europe des droits des homosexuels


L'autorisation du mariage homosexuel est souvent le premier pas vers la légalisation de l'adoption, même si la Suède et le Royaume-Uni permettent l'adoption sans que le mariage soit permis.

L'union civile : une alternative timide au mariage
Les pays moins téméraires ont opté pour “l'union civile”. Derrière ce nom, une sorte de “sous mariage” qui donne toute une série de droits et devoirs aux conjoints en matière de retraite, de logement, d'immigration, etc. Les contrats d'union civile portent de doux noms: “Pacs” en France, “Civil Partnership Bill au Royaume-Uni et “Lebenspartnerschaft” en Allemagne.

Enfin, certains pays prennent les devants pour éviter toute union officielle entre deux personnes de même sexe. C'est notamment le cas de la Roumanie qui, en février 2008, a ajouté un amendement au code de la famille, spécifiant que “la famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme”.

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Faut-il imposer des quotas d'ouvriers dans les fictions françaises ?

Un prêtre dans “Louis Page”, un policier dans “P.J., un médecin dans “L'Hôpital”, un pompier dans “SOS 18”, un journaliste dans “Reporters”, un avocat dans “Avocats et associés” (DR)

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) estime que les ouvriers sont sous-représentés dans les téléfilms ce qui fait réagir les gens du milieu télévisuel. Dans un discours à l'occasion des 20 ans du CSA, son président, Michel Boyon, a déclaré que “les ouvriers représentent 23% de la population active et ils ne sont que 1% dans la fiction”.
“C'est une déclaration stupide. Après, ça va être les chats, les chiens... Ça n'a pas de sens!”, affirme Vincent Solignac, le président de l'Union guilde des scénaristes (UGS), le principal syndicat de la profession, visiblement choqué par les propos de Michel Boyon.
Le scénariste de P.J., Frédéric Krivine, ne partage pas tout à fait cet avis. “Il y a une sous-représentation des ouvriers et des petits métiers par rapport à la réalité, mais je ne ressens aucune pression pour créer un rôle pour un Black, un Beur ou un ouvrier”, fait-il remarquer.

Les chaînes de télé n'imposent pas de quotas sociaux aux créateurs. Mais France 3 a déjà demandé à Frédéric Krivine de réserver un rôle à un Noir pour Un village français, une saga au temps de l'Occupation. “Une représentante de la chaîne avait demandé qu'un soldat du Royal Air Force qui saute en parachute soit un Black. C'était stupide!”, précise le scénariste qui a refusé de plier à la demande.

“Est-ce qu'on va dire à Matisse ou à Picasso comment peindre?”

En fait, aucune réglementation en France n'oblige les scénaristes ou les chaînes de télévision à présenter des émissions montrant des personnes issues de minorité ou des ouvriers. Le président de l'UGS Vincent Solignac défend d'ailleurs la liberté de création des scénaristes. “Est-ce qu'on va dire à Matisse ou à Picasso comment peindre? Ce qui prime avant tout, c'est la liberté de création. On écrit des rôles qui peuvent être joués autant par des gens issus de minorités visibles et de milieux différents comme les ouvriers” explique-t-il.
Pour sa part, Pierre Serisier, auteur d'un blog sur les séries télé (et ancien responsable presse écrite de l'ESJ Lille, ndlr), soutient qu'“on ne peut pas imaginer de créer artificiellement des rôles pour les ouvriers”. Selon lui, la représentation sociale à la télévision française ne peut pas se faire comme aux Etats-Unis.
“95% des Américains viennent d'ailleurs: d'Irlande, d'Angleterre, d'Afrique... On ne peut pas se poser la même question sur les minorités”, poursuit-il. Dans les séries américaines comme Lost et Grey's Anatomy, on retrouve par exemple des Latinos, des Noirs et des Asiatiques, représentant la diversité culturelle du pays.

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“Sarkozi”, invité surprise d'une publicité Microsoft sur les écrans tactiles



Une vidéo promotionnelle de Microsoft. Rien d'exceptionnel jusqu'à la 23e seconde, quand Anita entre en scène. C'est une jeune femme active, au patronyme surprenant: Sarkozi. Ca me dit quelque chose, même si je ne l'aurais pas écrit comme ça.
L'agence IE, qui gère les relations presse de Microsoft en France, explique qu' “Anita Sarkozi existe bel et bien. Elle travaille au sein de la division autrichienne de Microsoft.” Pas d'explication en revanche sur le choix de faire figurer cette salariée au nom... controversé dans une pub de moins de deux minutes.

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Après Joe le Plombier, la droite américaine s'entiche d'un pré-ado

Ringardisée par l'Obamania, la droite américaine prend un coup de jeune grâce à un adolescent de 14 ans. Jonathan Krohn a un site Web, tiré du nom de son livre-projet, Define Conservatism, et il a reçu une standing ovation pour son discours à la Conférence des conservateurs l'action politique (CPAC). (Voir la vidéo en anglais)



Le petit génie, qui ne pourra pas voter avant quelques années, est parfaitement à l'aise dans son costard-cravate taille enfant et sait jouer l'éloquence des hommes politiques: petit mouvement de main pour demander au public d'arrêter d'applaudir, imitation (involontaire) de Mister Bean pour brocarder ceux qui ne comprennent pas que le conservatisme est à la base de l'idéologie républicaine...

Invité pour parler de son livre, Jonathan Krohn décline les quatre principes du conservatisme: Respect de la constitution, respect de la vie, moins de gouvernement et responsabilité personnelle”. Pour lui, le conservatisme n’est pas une idéologie romantique. Son but est de protéger les gens et leurs droits”.

Son assurance au pupitre, Jonathan Krohn l'a acquise au théâtre: il a joué Michael Banks dans la pièce Mary Poppins à Broadway, on l'a vu dans Peter Pan, Le Magicien d'Oz, Tom Sawyer ou Alice au pays des Merveilles.

Le petit génie a séduit jusqu'à Joe le Plombier:
“Il est venu vers moi et m'a serré la main. Si je ne n'avais pas fait attention, j'aurais dit qu'il avait trente ans, tellement il avait confiance en lui. J'ai parlé avec lui et c'était vraiment bien... Il est très très brillant.”

“Brillant”, ambitieux, mordant, tellement à l'aise face à la foule qu'il en est insupportable: Jonathan Krohn nous fait étrangement penser à un homme politique français...


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Pour Lille 3000, la Turquie fait (presque) partie de l'Europe

Ce portrait d'une femme voilée d'un drapeau européen a été réalisé par l'artiste Burak Delier en 2005 (Lille 3000)

La Turquie est-elle européenne? La question est de nouveau posée à l’occasion de l’événement “Europe XXL”, organisé par Lille à partir du 14 mars. Et les frontières sont larges puisque Istanbul est intégrée à la liste des villes à l’honneur. A l’origine du projet, la structure Lille 3000, qui prolonge les manifestations de Lille 2004, lorsque la métropole du Nord était capitale européenne de la culture. Plus de 500 manifestations sont au programme pendant quatre mois.

Une décision culturelle mais surtout symbolique alors que la Turquie cherche à intégrer l’Union européenne depuis plus de quarante ans. Emmanuel Vinchon, conseiller artistique de l’événement, revient sur un choix pas totalement assumé.

Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer seulement Istanbul à l’Europe et non la Turquie dans son ensemble?
Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parler de la Turquie nous aurait demandé plusieurs mois dans la mesure où il s’agit d’un énorme territoire. Par ailleurs, la question de savoir si la Turquie est en Europe ne se pose pas si l’on s’intéresse uniquement à Istanbul. Il s’agit d’une ville cosmopolite qui se trouve à cheval entre l’Europe et l’Asie. Nous ne voulions pas créer des blocages au sein du public, avec des gens qui pourraient se dire que nous parlons de l’Europe avec un pays qui n’en fait pas partie.

C’est donc la peur de la polémique qui vous a fait éluder la question de l’intégration de la Turquie dans l’Europe…
Non, plutôt une crainte que le public se bloque, avec tous les clichés que l’on peut véhiculer sur des pays que l’on méconnaît ou sur lesquels on a des avis un peu trop figés. Notre propos n’est pas d’indiquer ce qu’il faut penser mais d’ouvrir des portes, d’imaginer des balades dans certaines villes qui nous paraissent importantes, avec les regards différents que nous apportent les artistes, comme Hasan Yarimdünia ou encore Burhan Öçäl [Des artistes qu'on retrouve notamment lors de la manifestation Midi-Midi du 3 au 5 juillet ainsi qu’au Palais des Beaux-Arts, ndlr].

Pourquoi avoir adopté une définition si large de l’Europe?
Nous voulions parler de cette Europe apparue depuis la chute du mur de Berlin, mais que nous connaissons finalement peu. Il s’agissait de parler d’une Europe plus géographique que la simple Union européenne. Des pays d’Europe centrale, d’Europe orientale, des pays qui sont dans l’Union européenne, des pays qui n’y sont pas ou d’autres qui aimeraient y être, le tout dans une géographie qui reste un peu à définir.

Quelle est la vision de l’Europe de ces artistes?
C’est une vision à la fois exotique et très commune. Celle d’une Europe qui crée des visas, là où on pensait qu’ils avaient disparu, qui crée des frontières, alors qu’on les croit mobiles ou invisibles, qui crée des frictions là où on pensait que tout le monde n’avait qu’une envie, entrer dans l’Union européenne. C’est ces différents regards que nous voulons juxtaposer.

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lundi 2 mars 2009

Le Crif boude les communistes à son dîner annuel

Le Crif reproche à Marie-George Buffet sa participation aux manifestations pro-palestiniennes de janvier. (AFP)

Ce soir, au pavillon d’Armenonville, de nombreux personnages politiques de droite comme de gauche sont attendus au dîner annuel du Crif. Mais les communistes manqueront à l’appel. Et pour cause: ils n’ont pas été invités. Sur la Toile, le débat est ouvert.

Le président du Crif, Richard Prasquier a expliqué ce matin sur France Info: “Nous avons estimé qu’il était de notre devoir de marquer le coup, de ne pas les inviter.” Il reproche aux dirigeants du PCF de “ne pas avoir pris en considération ce qu’il s’est passé lors des manifestations” contre l’offensive israélienne à Gaza, durant lesquelles des “slogans inacceptables” auraient été scandés par des manifestants communistes.

Dans le Parisien/Aujourd’hui en France de ce lundi, la secrétaire générale du PC Marie-George Buffet a quant à elle revendiqué la participation du PC à ces manifestations car “l’urgence était de mettre fin à cette guerre sans issue”. Elle a également rappelé que “le PC a toujours été auprès des juifs de France durant la Résistance sous l’occupant nazi.”

Sur la toile, les sympathisants du CRIF ou du PC s’opposent sur leurs blogs respectifs. L’auteur du blog “Juifs: quoi de neuf?” résume la polémique en une photo, qui selon lui, “vaut des mots”.

Sur son blog intitulé “Chroniques rouges”, un sympathisant communiste estime:
“Plutôt que de donner des leçons pour que cesse l'antisémitisme, le monsieur du Crif ferait peut être bien de se demander quelles sont les raisons pour lesquelles les gens manifestent contre Israël.”
Sur le site “Les indiscrets”, on relate la “colère de Marie-George Buffet”. Les commentaires sur cet article sont mitigés. Manump se désole:
“Cette décision de ne pas inviter le PC parce qu'il n'a pas été d'accord avec le comportement d'Israël à un moment donné ne donne pas une bonne image de ce conseil. (…) Ce comportement du Crif montre une certaine intolérance et c'est dommage.”
Chouchouchat, au contraire, affirme:
“Eh bien moi je suis d'accord avec le Crif. Arrêtons les bêtises: inviteriez-vous à votre table quelqu'un qui soutient vos pires ennemis? Moi non. Point.”
L’Union juive française pour la paix (UJFP), a quant à elle publié samedi sur sa page d’accueil une “Lettre ouverte à ceux qui envisagent de participer au banquet du Crif”. L’association accuse le Comité d’avoir contribué à des “sentiments anti-juifs” en France. Elle conclut:
“Il est temps de comprendre que le Crif d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec le Crif des origines, né de la Résistance contre l'occupation nazie en France, que son appel aux Juifs de France à soutenir la politique israélienne revient à les enrôler au service d'une politique criminelle menée par un état étranger.
Les relations entre le PC et le CRIF sont donc tendues. Mais à en croire Marie-George Buffet, le froid jeté par l’incident du dîner ne sera pas éternel:
“Ce combat pour davantage de fraternité et de solidarité dans notre pays, nous continuerons bien sur à le mener!”

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Guide Michelin : à 100 ans, le Bibendum lutte pour rester jeune

Bibendum, symbole de Michelin, pose pour des touristes au Japon (eprouveze/flickr)

Il a beau être sévèrement critiqué, il n'en reste pas moins le guide gastronomique le plus respecté et redouté de la profession. Le guide Michelin fête aujourd'hui son 100e anniversaire. Face à la crise, il doit relever le défi du renouvellement tout en prenant soin de sa réputation haut-de-gamme.

Avec 370000 exemplaires de l'édition 2008 vendus en France (1,2 million dans le monde), le “guide rouge” reste la référence indétrônable de la profession et des amateurs de bonne chère.
(Voir la vidéo)

Un pavé dense de plus de 2 000 pages (pour 8 500 restaurants), à l'allure un peu vieillotte : le célèbre guide mise depuis un siècle sur du classique et de la sobriété. Une forme dépassée, selon François Simon, critique gastronomique au Figaro, qui écrit dans son blog Simon Says:
“Qu'il semble quelconque ce Michelin 2009! Même pas de quoi sursauter à part Ramsay à deux étoiles et le Jules Verne à une... (...) Le reste n'est que le piège dans lequel le guide s'est enfermé depuis quelques années: le gastronomiquement correct (de bons petits gars obéissants) et l'assiette docile, appliquée.”
Du guide, on critique aussi l'élitisme et une échelle de mesure qui met difficilement en valeur la diversité des établissements. Dans une interview accordée au Parisien-Aujourd'hui en France, Jean-Luc Naret, directeur des guides Michelin, rétorque:
“Beaucoup de jeunes chefs décrochent leur première étoile cette année. Le Michelin vit avec son temps, il ne s'intéresse pas qu'à la haute gastronomie.”
Se renouveler pour survivre

Il faut dire que face à tout un nouveau courant de la gastronomie française, représenté notamment par le “fooding”, néologisme contractant “food” (nourriture) et “feeling” (émotions), le Michelin doit se moderniser pour ne pas paraître ringard.

Et pour “vivre avec son temps”, donc avec la crise, il a tout intérêt à multiplier ses propositions de bons plans, les “Bib Gourmands”. Cette année, il y en a 86 de plus, soit presque autant que de restaurants étoilés (527 contre 548). L'attachée de presse du groupe explique:
“Le Michelin, ça a toujours été du bon rapport qualité/prix: les trois-étoiles ne sont que 26 des restaurants proposés. Ce qui fait le succès du guide, ce sont surtout les bonnes petites adresses, savoir où manger à un prix raisonnable.”
Oui mais... Les bonnes petites adresses, c'est justement ce qui s'échange gratuitement entre internautes sur des sites comme Tripadvisor (2 millions d'avis sur plus de 550000 restaurants) ou L'Internaute. Des concurrents vite balayés par Michelin: “Ce ne sont pas des avis d'inspecteurs, de professionnels. Nos critères ne sont pas les mêmes.”
Présent sur Internet et sur iPhone

Le guide a tout de même développé toute une stratégie pour exister aussi sur la toile. Fabienne Latxague, responsable marketing pour ViaMichelin, la branche Internet du groupe, expliquait en juillet 2008, sur le site du Point:
“De nombreux gourmets et voyageurs expérimentés ont leur propre opinion sur ce qui constitue un bon repas ou ce qui fait un bon restaurant. (...) Nous voulons les faire participer et créer des communautés.”
Dernière nouveauté en date: la sélection du guide sur iPhone, qui permettra des réservations en direct ainsi que l'échange de commentaires entre utilisateurs. “Tout cela montre comment le guide évolue avec le temps, explique-t-on chez Michelin. Cela ne se fait pas au détriment du guide, le papier et le numérique sont complémentaires.”

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Vous êtes licencié ? Et bien bloguez maintenant !


Manifestation des salariés de la Camif à Niort, le 25 octobre 2008, deux jours avant l'annonce de la liquidation judiciaire (Camif4ever)

Fermeture d'usine, projet de plan social: la crise économique détruit des emplois mais fait naître des vocations de bloggeurs. Pour informer les salariés ou maintenir le lien entre ex-collègues, les blogs d'entreprises en conflit se multiplient.

Jean-Paul Vouiller est un pionnier. Ce délégué syndical CFTC a fondé le blog social de HP en juillet 2005, à la veille d'un plan social. “A l'époque, personne n'a pris cette initiative au sérieux”, explique-t-il. Son premier objectif était de répondre publiquement aux inquiétudes des salariés, le plus vite possible. Avec plus de 1000 visites par jour, le blog s'est transformé en moyen de pression sur la direction. “Ils le lisent, et n'hésitent pas à faire savoir quand quelque chose leur déplaît”, affirme Jean-Paul Vouiller.

L'instantanéité est un atout de taille pour le délégué syndical:
“Il y a dix jours, le PDG a annoncé à minuit qu'il demandait aux salariés des baisses de salaire. J'ai fait mon article à deux heures du matin, à huit heures le lendemain il y avait déjà suffisamment de commentaires pour connaître l'avis général des salariés.”
Aujourd'hui, il exporte son expérience dans des conférences et aide les salariés d'autres entreprises en crise à monter leur blog. Les périodes de licenciement sont plutôt favorables:
“Une crise, c'est le moment idéal pour lancer un blog, une mine d'or pour tout le monde. C'est le moment où les salariés et les journalistes ont besoin d'information. Ca aide aussi à couper court aux rumeurs et ainsi calmer l'angoisse des salariés.”
Futurs licenciés ou ex-salariés

C'est aussi l'occasion pour les salariés de crier leur colère en exprimant leur créativité. Le blog des salariés de Thermo Fisher à Château Gontier, dont la fermeture est prévue en juin 2009, fait preuve d'imagination. Un compte à rebours défile jusqu'à la date fatidique. Et les actions symboliques passent à la postérité, comme cette installation d'un cimetière américain représentant les emplois supprimés devant l'entreprise.

Le 11 février dernier, les “futurs licenciés” du groupe agro-alimentaire Cargill ont ouvert leur blog. Il leur permet de regrouper les articles et reportages traitant de leur mobilisation. Ils postent également des détournements de chansons.

Ces blogs un peu particuliers sont plus ou moins influencés par les délégués syndicaux. Certains sont créés à leur initiative, d'autres se veulent plus indépendants. C'est le cas de celui qu'a fondé Brigitte Clair pour les licenciés de la CAMIF. Elle travaillait pour le site Internet du groupe et raconte comment lui est venue l'idée:
“Le 27 octobre 2008, je me suis retrouvée au tribunal avec des collègues pour l'annonce de la liquidation judiciaire. Je travaillais à la CAMIF depuis 25 ans. Je me suis dit qu'on risquait de se perdre de vue rapidement, c'était un gros traumatisme. Dans la demi-journée qui a suivi l'annonce, j'ai décidé de créer ce blog, qui est un lieu pour se retrouver et se reconstruire.”
C'est un succès: 52000 visites, 565 abonnés à la newsletter. On peut y trouver des compte-rendus de réunions, des sondages. Le dernier en date recensait la situation des ex-CAMIF. Ils seraient donc 87% à ne pas avoir retrouvé de poste. Dont la bloggueuse:
“J'ai fait une newsletter par jour pendant deux mois, aujourd'hui je me suis un peu calmée parce que je suis en recherche d'emploi mais je passe encore deux ou trois heures par jour à travailler sur le site.”
Dessins, vidéos, pétitions: les moyens d'action sont démultipliés sur le web. La Redoute, Amora, RFI et bien d'autres ont lancé leur blog. Mais attention aux propos tenus sur le site: la fondatrice du blog “SFR en colère” est actuellement poursuivie pour diffamation.

Cédric Marty, de Molex Villemur, est confiant sur l'impact de son blog:
“Grâce aux outils statistiques, on voit que la direction générale de l'entreprise aux Etats-Unis vient régulièrement voir ce qui se passe sur le site. Les journalistes parlent de nous, on trouve un écho même si pour l'instant nous n'avons pas de repreneur.”
Une solidarité virtuelle s'est même créée entre bloggeurs de différentes entreprises. Cédric Marty explique:
“Nous faisons des liens vers d'autres blogs, qui nous rendent la pareille. Lors d'une manifestation de Tyco Electronics, les employés portaient un T-shirt en soutien à Molex. Et nous avons laissé des messages de soutien à Amora sur notre blog.”

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Sans l'argent du mystérieux M. Cai, Christie's ne lâchera pas les bronzes chinois

Les deux bronzes chinois, un lapin et un rat, ont été volés par la France à la Chine au XIXe siècle. (AFP)


Double surprise, ce matin. C’est un Chinois qui a acheté les deux bronzes de la vente Berger-YSL. Et l’acquéreur en question refuse de payer les 31,4 millions d’euros promis. Mais Christie’s prévient: s’il ne paie pas, l’acheteur ne recevra pas les pièces provenant du pillage du palais d’été de la famille impériale par les troupes françaises et britanniques, en 1860.

Jusque là, l’acheteur était resté anonyme. Mercredi dernier, les deux bronzes chinois étaient partis pour une valeur de 28 millions d’euros (31,4 millions d’euros tous frais compris). Aujourd’hui, l’acheteur s’est fait connaître. Il s’agirait de Cai Mingchao, un collectionneur d’art expert en antiquités.

Christie’s, qui a organisé la vente de la collection Berger-YSL, n’a pas confirmé l’identité de l’acquéreur, refuse pour l’instant de communiquer sur ce dossier. Sauf sur un point : les deux bronzes sont toujours à Paris pour le moment, parce que “quand une personne ne paie pas, les objets ne sont pas envoyés”, comme l'explique l'attachée de presse de la société. (Ecouter le son)

tilidom.com

Le flou règne encore sur les motivations de l’acquéreur chinois, Cai Mingchao. L’homme, propriétaire d’une maison de vente aux enchères dans son pays, revendique un “acte patriotique”.

Acte “patriotique”

Impossible de savoir si ce collectionneur d’art refuse de payer parce qu’il n’a pas les fonds nécessaires, ou parce qu’il estime que ces œuvres reviennent, de droit, à la Chine.

D’après une dépêche en anglais de l’agence Chine Nouvelle, Cai Mingchao pourrait avoir agi en accord avec le Fond du patrimoine national de Chine, avec pour objectif de saboter la vente.
“Je crois que n'importe quel Chinois se serait levé à ce moment précis... J'essaie de tout faire pour faire face à mes responsabilités mais je dois souligner que l'argent ne peut être versé.”
Deux jours avant la vente, la justice française avait débouté la demande chinoise d’annulation de la vente des deux sculptures.

Christie’s devrait publier un communiqué dans la journée.

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