
Sculpture de chômeurs au Mémorial de Franklin D. Roosevelt, à Washington (Le haricot/Flickr)
En retard, en retard... Avec la hausse du chômage due à la crise, les dossiers des demandeurs d'emploi s'accumulent. Pôle emploi, le nouvel organisme issu de la fusion entre ANPE et Unedic, a du mal à faire face à cet afflux.
Début décembre, les premiers effets de la crise économique se font sentir, provoquant un engorgement général des Assedic. Des milliers de dossiers sont alors en attente de traitement et les nouveaux inscrits poireautent pour recevoir leurs allocations chômage.
Christian Charpy, le délégué général de France Emploi, l'organisme préparant la fusion ANPE-Assedic, se veut rassurant. Il estime qu'à la fin 2008, la situation devrait redevenir “quasi-normale” et promet l'embauche de 200 agents en CDD pour traiter les dossiers en souffrance. Une mesure d'urgence validée par Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi.
Mais début 2009, la fusion ANPE-Unedic complique la donne. Les agents partent en formation, les dossiers s'empilent. La CGT de Pôle emploi avance le chiffre de 68000 dossiers en attente de traitement.
Devant l'absence d'amélioration, la grève de l'intersyndicale des 5 et 8 janvier a été largement suivie. Puis, le 19 février, elle dénonce les conditions de la fusion et réclame un plan d'urgence pour augmenter les effectifs.
En 2008, le rapport Dassault rappelait:
“L'objectif de faire suivre trente demandeurs d'emploi par un agent [promesse de Christine Lagrade, ndlr] reviendrait à doter le nouvel organisme de 60000 employés en contact avec le public alors que la fusion de l'ANPE et des Assedic ne réunit actuellement que 42000 emplois à temps plein.”“Nous sommes submergés par les nouveaux inscrits de la crise économique”, explique Annette Dubois, membre du bureau national du SNU-Pôle emploi (syndicat majoritaire). “Les agents sont déjà sollicités pour faire des heures supplémentaires le soir et le samedi.” Pour elle, le ratio est actuellement d'un conseiller pour 200 agents, avec des retards de paiement d'un trimestre.
Serge Havet, président d'Agir contre le chômage (AC!) parle d'un “grand bordel” et de “files d'attentes phénoménales” devant les antennes Assedic. Il ne prévoit pas d'amélioration avant l'été 2009.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire