mercredi 4 mars 2009

Suspect Entertainment fournit de vrais gangsters pour jouer à Hollywood

Cesar Garcia, ici dans le film “Falling”, est employé par l'agence Suspect Entertainment et a joué dans la série “The Shield” (DR)

Après plus de dix ans de délinquance à Los Angeles, Manny Jimenez a fondé Suspect Entertainment, une agence de casting qui fournit d'anciens gangsters aux producteurs d'Hollywood.
Ces derniers se retrouvent conseillers des scénaristes et figurants dans des films, des séries télé, et mêmes des clips:


Tommy Montoya, acteur et tatoueur et ancien dealer, raconte une de ses expériences au magazine Next:
“Je répétais une scène où je devais dire que la police voulait me forcer à devenir un informateur. Dans la rue, on dit 'faire le rat' (to rat), et la police, c'est la 'hura'. En général, ils adorent quand tu les corriges, quand tu leur donnes un peu de vrai truc.”
Les vrais gangsters ont tendance à grimacer quand ils se voient représentés avec une chemise boutonnée et un bandana, comme dans les années 70. Grâce à Suspect Entertainment, les séries comme The Shield ou les films comme SWAT ont désormais des méchants qui ressemblent à ceux des rues de Los Angeles.
Pour Manny Jimenez et ses collègues, c'est une rédemption:


Ce n'est pourtant pas la première fois que les malfrats pénètrent dans le monde du spectacle; mais en général, les gangsters se contentent de conseiller les acteurs et restent à l'écart des plateaux. Les repentis de Suspect Entertainement ne sont pourtant pas les seuls à passer devant la caméra, comme l'explique Pierre Serisier, qui tient un blog sur les séries:
“Dans la première saison de Prison Break, certains figurants sont de vrais détenus: la production a demandé à ce qu'ils soient transférés provisoirement dans la prison désaffectée où est tournée la série, à côté de Chicago. Les Américains sont très pragmatiques, lorsqu'ils font quelque chose, ils le font bien, et n'hésitent pas à demander les autorisations administratives nécessaires.”
C'est ce même désir de faire “vrai” qui a poussé le créateur de The Wire, un ancien journaliste de Baltimore chargé des faits-divers, à chercher parmi ses contacts des informations sur le quartier ouest, où le trafic de drogue est géré par des gangs noirs.
Il y a pourtant des limites à la crédibilité: celles de l'imaginaire du propre spectateur, comme l'explique Pierre Serisier:
“Quand on écrit le scénario d'une série, il faut que la représentation du gangster soit fidèle à ce que le téléspectateur en a. Il faut des clichés, sinon il n'y croit pas.”

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